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Yosra Mojtahedi

Eve, Alchimie Charnelle

#Production

«Les odeurs, comme les sons musicaux, sont de rares sublimateurs de l’essence de la mémoire.» G.Maurrier

Eve, Alchimies Charnelles est une installation sculpturale et olfactive qui s’inspire d’une cosmogonie pour faire naître un corps-perfumeuse : une sculpture-fontaine androgyne, traversée par la chaleur, l’odeur et la transformation. Cette odeur androgyne est une composition instinctive, presque viscérale, évoquant la peau nue, le lait maternel, le sang enfoui, les sèves et les secrétions. Une odeur de fécondité, de désir et de mémoire archaïque. Le parfum agit ici comme un médium invisible, un souffle qui traverse les corps. La sculpture incarne cette présence double, ni totalement féminine ni totalement masculine, végétale mais aussi minérale. Un être-limite, entre organe sacré et appareil de distillation, entre fontaine votive et machine amoureuse.

Ce projet convoque à la fois le mythe, la science, la magie et le corps. Il est traversé par les principes du chamanisme, où l’odeur est un signal de transformation sacré, et du féminin, dans sa capacité à contenir, nourrir, déborder, défaire les frontières du genre et des formes.

Expositions :
2026 –
INKARNA, Abbaye de Maubuisson, Saint-Ouen-l’Aumône
Diseuses de Silence, Espace Monte-Cristo – Fondation Villa Datris, Paris

GALERIE

L'ARTISTE

Née à Téhéran en 1986, installée en France depuis 2014, Yosra Mojtahedi mêle dessin, sculpture, installation visuelle et sonore. Issue d’un pays où le corps et sa représentation demeurent soumis à de multiples interdits, elle élabore en réaction un langage sensuel et sensoriel, touchant parfois à l’érotisme.

Puisant dans des imaginaires rituels et chamaniques, Yosra Mojtahedi compose des environnements hybrides où formes organiques, minérales et végétales semblent s’animer d’un même souffle. Ses sculptures prennent ainsi la forme d’artefacts ou de corps-rituels, traversés par des forces de transformation, capables de guérir symboliquement et de réveiller les mémoires enfouies. Brouillant les frontières entre le vivant et l’inerte, le naturel et l’artificiel, le corps et la machine, ses installations, qu’elle envisage parfois comme des « corps-fontaines » ou des « machines-humains », interrogent la place du corps, plus particulièrement féminin, au regard des structures sociales et culturelles qui l’entourent. Son travail esquisse ainsi une vision du monde où humain et non-humain, science et occultisme, technologie et spiritualité ne s’opposent plus, mais participent d’un même continuum.

Le noir occupe une place centrale dans sa pratique : plus qu’une couleur, il apparaît comme une matière originelle et absolue – l’entité qui nous rassemble. Créant une dualité entre ombre et lumière évoquant l’architecture persane, son œuvre trace des chemins de clarté dans l’obscurité, métaphore d’une trajectoire spirituelle.

Diplômée du Fresnoy – Studio national des arts contemporains en 2020, Yosra Mojtahedi a vu son travail rapidement distingué par plusieurs prix, parmi lesquels le prix Art Contest du Centre Wallonie-Bruxelles (2026), le Prix du Fonds de Dotation Interconstruction – Carré sur Seine (2026), le Prix Talents Contemporains de la Fondation François Schneider (2024), le Prix Wicar (2022) et le Prix Révélation Arts Numériques et Art Vidéo de l’ADAGP (2020).

Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions personnelles, notamment à l’Abbaye de Maubuisson (2026), à l’Espace Monte-Cristo – Villa Datris à Paris (2026), à la Cité internationale des arts à Paris (2025) et au Musée du Pavillon de Vendôme à Aix-en-Provence (2024). Il a également été présenté dans des expositions collectives au Centre Wallonie-Bruxelles (2026), à l’Abbaye de Maubuisson (2025), à la Fondation Villa Datris (2025), à la Fondation François Schneider (2025), et à La Condition Publique de Roubaix (2025).

LIEN VERS L'ARTISTE

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