A partir du flux multiple de données d’un utilisateur et de son expérience quotidienne en ligne, The end product traverse différents tableaux, révélant tour à tour des renseignements personnels, exposant sa géolocalisation, ses interactions sociales, et allant même jusqu’à lever le voile sur des informations financières, censées être confidentielles. Cette déferlante d’images sur écran explore l’avalanche de stimuli et de sollicitations virtuelles qui inondent nos vies. Notre relation ambigüe avec les réseaux sociaux est pointée du doigt d’une manière humoristique et malaisante. Cette omniprésence qui va jusqu’à l’invasion est ici symbolisée par le spam, ce fléau universel de notre ère ultra connectée. Sporadiquement, il interrompt de manière intrusive et brutale la performance, pour en démontrer toute l’agressivité. Ces messages et images indésirables révèlent également notre tolérance à l’égard de ces formes de publicité invasives. La performance interroge sur la consommation boulimique et infinie d’infodivertissement qui serait devenue banale, habituelle et ennuyante ; ce “fil d’actualités” que l’on ne peut s’empêcher de consulter et d’actualiser de manière compulsive car source de dopamine. En direct, le public assiste aux activités en ligne des artistes.
Le spectateur est pris dans un flot de réflexions spéculatives sur les mécanismes cachés de cettesaturation de contenu : qui le décide et le contrôle ? Qui en profite ? Qui en subit les effets ?
(EN)
The End Product is an audiovisual performative meditation about our daily online experiences. It explores the particular rhythm of the constant data streams flooding our screens from a multiplicity of sources. The performance dives into a speculative reflection on the hidden mechanisms behind the overstimulating feed, who decides and controls the content, who profits from it, and who endures its effects.
As it follows a user’s scroll through their personal commodified feedscape, the piece deceptively blurs the performative codes between artists and audience, and their networked interaction, hinting at another presence behind the likes, the posts and the selfies.
Myriam Bleau est une artiste numérique et compositrice basée à Montréal. Son travail comprend performances audiovisuelles, installations, compositions instrumentales et électroniques. Sa pratique hybride interroge la performance musicale en tant que manifestation codifiée et recherche des avenues de subversion par la recontextuali-sation d’éléments de culture populaire et de tropes de l’histoire de la musique. Son travail a été reconnu et présenté internationalement, notamment: Prix Ars Electronica (AT), Sónar (ES, HK), Transmediale (DE), Sonic Arts Award (IT), Elektra (CA), Mutek (MX, CA, JP, AR),ISEA (CA, KR), ACT (KR), L.E.V et LABoral (ES), Scopitone (FR), CaféOto (UK).
Pierce Warnecke est un artiste multidisciplinaire du numérique. Sontravail, à la frontière de la musique expérimentale, des arts numériqueset de l’art vidéo, est influencé par l’observation de l’effet du tempssur la matière : modification, détérioration et disparition. Il col-labore avec Frank Bretschneider, Matthew Biederman. et Keith FullertonWhitman. Il a présenté son travail sous forme de performances et d’in-stallations à MUTEK, ZKM, CTM, Elektra, KW Institut, La Biennale NEMO,Sonic Acts, Martin Gropius Bau, MAC Montréal, Scopitone, LEV Festival,SXSW, FILE, etc. Sa musique est éditée sur les labels raster-media(DE) et Room40 (AU); il est représenté par DISK Agency, Berlin.
©️ Jeanne Dubois Pacquet
Soutiens : Délégation générale du Québec à Paris, Canada Council for the Arts, Région Auvergne-Rhône-Alpes (fonds SCAN), Espace Gantner (Belfort)
Résidences : iMal, ]interstice[, Sporobole et Recto-Verso