Une installation qui mobilise le son et la lumière pour produire un ensemble de phénomènes optiques et sonores autour de l’eau.
C’est une quête d’ordre électrique qui débute à l’irisation de la peau aux instants électrostatiques, au faisceau vert de l’oscilloscope voyageant vers l’anode dévié sur la redondance de la fréquence. Une vision des propagations d’ondes électroniques à travers la vibrance des diodes, des oscillations qui capturent les tableaux aquatiques immobiles s’enchaînant sans que l’œil ne puisse en saisir les intervalles.
Pressurisée de part et d’autre de la structure, l’eau transite dans l’espace et mémorise le signal sculpté par le moteur de synthèse. La relation de l’eau avec le front des ondes pulsées par la membrane se devine pour enfin arracher le signal hors de sa piste en cuivre.
Hydroscope est le résultat d’un travail de recherche débuté en 2015. Ce processus, qui a donné forme corps à plusieurs installations trouve ici sa forme finale en synthétisant l’ensemble des découvertes faites autour de l’association de deux matériaux antagonistes, l’eau et l’électricité.
L’aspect expérimental d’Hydroscope témoigne d’un apprentissage autonome fait d’essais-erreurs au cours du temps, tant sur le plan électronique qu’hydraulique. Le phénomène mis en jeu, basé sur l’eau et les propriétés vibratoires du son se déploie ici à partir d’éléments techniques simples laissés en partie visibles : chacun d’entre eux effectue des actions élémentaires mais produisent paradoxalement un panel d’évènements inexplicables une fois agencés : exprimer ce contraste demeure essentiel pour l’artiste, qui cherche à produire l’innatendu en combinant l’existant, de diverses manière.
(EN)
It’s an electrical quest that begins with the iridescence of skin at electrostatic moments, with the green beam of the oscilloscope traveling towards the anode diverted by frequency redundancy. A vision of electronic wave propagations through the vibrancy of diodes, oscillations that capture motionless aquatic tableaux following one another without the eye being able to grasp the intervals.
Pressurized on both sides of the structure, the water transits through space, memorizing the signal sculpted by the synthesis engine. The water’s relationship with the wavefront pulsed by the membrane is revealed, and finally the signal is plucked from its copper track.
Hydroscope is the result of a research project begun in 2015. This process, which has given shape to several installations, finds its final form here, synthesizing all the discoveries made around the association of two antagonistic materials, water and electricity.
The experimental aspect of Hydroscope bears witness to an autonomous learning process of trial-and-error over time, in terms of both electronics and hydraulics. The phenomena at play, based on water and the vibratory properties of sound, unfold here from simple technical elements left partly visible: each of them performs elementary actions, but paradoxically produce a range of events that are inexplicable once arranged: expressing this contrast remains essential for the artist, who seeks to produce the unexpected by combining the existing, in various ways.
Alexis Choplain est un artiste multidisciplinaire diplômé en 2018 de l’Ecole Supérieure des Arts visuels de Mons en Belgique, section IDM©. Ayant fait de l’électricité le matériau principal de ses créations, son travail explore une forme de poésie machinique permettant de manifester l’invisible. Visant l’altération de notre perception usuelle des choses, il construit pendant de nombreuses années des dispositifs faits d’eau, de lumière et d’électricité permettant d’éprouver les limites de nos sens. Il travaille aujourd’hui principalement avec le sonore et l’électronique analogique, construisant ses propres dispositifs. Envisagé comme un phénomène vibratoire, le son est utilisé comme matériau sensible permettant une exploration de la matière, de l’espace et du phénomène électrique au sens large. Outils indispensables à ses recherches, les synthétiseurs qu’il construit depuis 2018 occupent différentes places au sein de ses installations en manifestant, de multiples manières, l’ensemble des chorégraphies électriques qui font la trame de ses projets.
© Jeanne Dubois Pacquet
Production : Station Mir