Au croisement de la sculpture, du son et de la performance, l’installation fonctionne comme un organisme malade et menaçant. À la manière d’un exosquelette suintant qui absorbe les données et le corps, elle plonge le spectateur dans un univers dystopique qui le confronte à son utilisation de l’intelligence artificielle. Entre sentiment de vulnérabilité et de peur face à cette coexistence humaine et technologique menaçante, il navigue dans un paysage sonore expérimental composé de sons organiques digérés par le bruit des machines.
Co-production Station Mir, les Bains Douches Alençon
Adèle et Emma Leseigneur Leullier sont des sœurs jumelles qui travaillent en duo. Il y a deux raisons principales à cela, la première est d’ordre politique. Dans un monde où l’individualisme, le « self-made » et l’entre soi sont des mots d’ordre, elles souhaitent instaurer une dimension de collectif dans leur démarche et leur travail. La seconde est « thématique ». Elles ont fait le choix de croiser, d’hybrider leurs recherches plastiques, formelles et intellectuelles afin de créer, à partir d’interrogations et de notions par lesquelles elles sont toutes deux traversées. À travers une pratique pluridisciplinaire, elles tentent d’appréhender les enjeux de leur époque. L’art contemporain peut-être un acte de résistance qui peut sembler, voire être passif au départ mais qui est en fait chargé politiquement. Il peut devenir une forme de combat. Elles se placent contre l’uniformisation des corps provoqués par les réseaux, les technologies et combattent le contrôle de ceux-ci. Elles nous plongent dans un univers dystopique qui amène le spectateur à se questionner sur l’impact de l’environnement urbain et technologique sur le corps.